l'environnement et le développement
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Les gouvernements
Belgique - Paul Magnette
Le ministre fédéral du Climat, Paul Magnette (PS), a jugé mercredi que le prochain sommet de Copenhague sur le climat pourrait au mieux aboutir à un "socle d'accord" qui devra encore faire l'objet de négociations ultérieures.
"J'ai le sentiment qu'on a encore toutes les chances d'aboutir à un accord ambitieux à Copenhague", a commenté mercredi le ministre lors de son audition devant la commission spéciale sur la Climat de la Chambre.
"Mais on n'ira pas au bout du débat. (...) Il n'est pas impossible d'arriver à un socle d'accord qui devra être finalisé dans les mois, ou l'année, à venir", a-t-il ajouté, évoquant notamment le faible avancement des travaux législatifs sur la question aux Etats-Unis.
Divergences européennes
Devant les députés, M. Magnette a également évoqué mercredi les divergences qui subsistent sur le sujet dans les rangs européens, après les réunions successives la semaine passée à Luxembourg des ministres des Finances et de l'Environnement, et que les chefs d'Etat sont appelés à trancher lors de leur sommet, ces jeudi et vendredi, à Bruxelles.
Après des mois de discussions, les Vingt-sept ne sont en effet toujours pas d'accord sur le montant que ceux-ci vont accorder aux pays en développement pour les aider à s'adapter aux conséquences du réchauffement, ni surtout sur la manière de se répartir cet effort entre eux.
Besoins financiers
Selon la Commission européenne, quelque 100 milliards d'euros par an seront nécessaires entre 2013 et 2020 pour aider les pays en développement à faire face aux conséquences du réchauffement climatique (montées des eaux, multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, etc.) et se doter de technologies propres.
"Ce sont des estimations minimales qui doivent servir de base de négociations", a insisté Paul Magnette devant les députés, précisant qu'à ses yeux ce financement devrait se faire en plus -et non être intégré- dans les budgets dévolus à l'aide au développement. "C'est le principe de l'additionnalité de l'aide qui doit être appliqué".
Report de quotas
Outre ces questions de financement, le ministre du Climat a encore évoqué le contentieux entre les Vingt-sept sur l'opportunité de permettre, lors des négociations internationales à Copenhague, le report de quotas d'émissions non-utilisés au-delà de 2012.
La question est d'importance pour les ex-pays de l'Est qui, suite à l'effondrement de leur économie après la chute du Mur, disposent d'un important stock de quotas non-utilisés qu'ils aimeraient pouvoir reporter (et surtout revendre) au-delà de l'échéance du protocole de Kyoto, fin 2012.
Ces stocks représentent entre 8 et 10 milliards de tonnes de CO2, soit cinq fois plus que le marché européen annuel de quotas d'émissions, a souligné M. Magnette pour qui un tel report, s'il devait être autorisé, déstabiliserait complètement le marché des quotas, et engendrerait un affaiblissement de l'intégrité environnementale du successeur du protocole de Kyoto.
Belgique, mauvaise élève
"La Belgique dit vouloir défendre l'intégrité environnementale du projet, mais elle a elle-même acheté (à la Hongrie) des droits d'émissions en 2008 plutôt que de faire des efforts propres de réduction!", a alors attaqué la députée Tinne Van der Straeten (Groen!), en reprochant au gouvernement d'avoir imposé une clause de confidentialité sur l'accord, empêchant ainsi au Parlement de vérifier le bénéfice environnemental de l'argent dépensé.
Le ministre Magnette n'a pas nié que la Belgique avait bel et bien acheté des quotas hongrois en 2008. Mais "ces mécanismes ont été conçus pour cela...", a-t-il rétorqué, assurant que le gouvernement vérifierait que l'argent mobilisé avait bien été affectés à "des efforts en matière d'efficacité énergétique". (belga/ca)
Nous vous encourageons Monsieur Magnette; après le nucléaire, nous sommes certains que vous irez jusqu'au bout !
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