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INFORMEZ-VOUS, LA GRIPPE NE COMMENCE QU'A SE PROLIFÉRER !
Les virus
Grippe A - H1N1 France

Le virus H1N1 frappe partout, y compris dans les centres de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les sans-papiers en instance d’expulsion. Le CRA de Vincennes (Val-de-Marne) aurait connu quelques cas, mais la contagion se serait arrêtée là. En revanche, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), près de l’aéroport de Roissy, quatre retenus seraient malades, le diagnostic de grippe A ayant été posé pour deux d’entre eux. Selon la Cimade, les personnes contaminées ont été isolées et des masques distribués à tout le monde, retenus et personnel.
Gérer un début d’épidémie dans un lieu d’enfermement n’est pas aisé. D’autant que les retenus sont censés en sortir pour comparaître devant des tribunaux administratifs et judiciaires. Or, le temps qui leur est concédé pour déposer des recours avant que leur sort soit scellé (remise en liberté ou expulsion) est limité. Dès le placement en rétention, le compte à rebours démarre. D’ores et déjà, l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) aurait annulé l’audience d’un demandeur d’asile grippé par crainte de la contagion.
Autre effet de la maladie : dans la nuit de mercredi à jeudi, un sans-papiers devait être expulsé vers l’Algérie. Lorsque le commandant de bord l’a vu arriver, scotché de haut en bas et entravé, mais surtout portant un masque, il a refusé de l’embarquer.
Du côté de la Cimade, on s’inquiète : «Il nous paraît logique qu’il n’y ait aucune exécution d’éloignement de personnes malades ou suspectées de l’être», souligne Damien Nantes, responsable du service «défense des étrangers reconduits». Parce qu’il n’est pas sûr que les personnes malades puissent être soignées efficacement dans leur pays d’origine, notamment en cas de complications. Et à cause des risques de diffusion de la pandémie.
Cette menace ne justifierait-elle pas une suspension de toutes les expulsions dès qu’un cas de grippe A est signalé dans un CRA ?
Le ministère de l’Immigration confirme les cas de contamination par le virus H1N1, mais assure que les médecins de santé publique pourront faire interrompre l’expulsion d’un étranger s’ils jugent son état de santé incompatible avec cette mesure. Le ministère affirme également que les retenus feront partie des publics à qui la vaccination sera proposée de manière prioritaire.
Libération.fr - Par CATHERINE COROLLER
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